Grace à une équipe de retraités sur-vitaminés, le Nautilus revint à la surface le temps du Carnaval 2014 de Fouras ! nautilus

Le char « Nautilus » présenté à l'occasion du carnaval de Fouras ( le 12 avril 2014 ) puis des Fêtes Marines ( les 26 et 27 avril) est le résultat du travail d'une poignée de personnes dont la principale qualité est la remarquable aptitude à transformer des matériaux de récupération divers en ressources nobles.

Cette équipe n'en était pas à son coup d'essai. En effet, en 2013, pendant plusieurs mois elle s'était réunie, au même endroit, un bâtiment communal proche des Salons du parc, pour réaliser plusieurs « cabanes » à partir de cageots et autres matériaux récupérés pendant plus d'une année. Ces cabanes ont servi lors de la fête « Fouras 2030 » qui s'est tenue pendant la traditionnelle Fête de la Jeunesse de Fouras, en mai 2013. En 2012, quelques personnes «  les glaneurs d'espoir » ont décidé de réfléchir à la question suivante : « Comment vivrons-nous à Fouras lorsque le pétrole sera devenu rare et cher ? » C'est dans ce cadre que Bernard Batlle, Bernard Daniel, Eric Petitjean, Franklyn Harling, Etienne Libera qui ne se connaissaient pas ou peu se sont rassemblés pour imaginer et construire les bicoques servant de stands divers, avec en tête une idée simple : dépenser sans excès et récupérer/recycler le plus possible. Cette année donc, chaque vendredi, pour ne pas en rester là, ils se sont retrouvés avec plaisir et bonne humeur afin d'apporter leur contribution, pour le compte de la Médiathèque, au défilé du carnaval de Fouras, dont le thème retenu était ''contes et légendes''. Une fois le choix fait du sous-marin du capitaine Némo, de « Vingt mille lieues sous les mers » et « de l'île mystérieuse », Bernard Batlle a commencé par sillonner les océans d'Internet dans le but d'y trouver de quoi enflammer son imagination. Et puis, après de longues heures de traque, il a fini par accoster sur un site qui lui a fait découvrir le festival Burning Man, grande rencontre artistique qui se tient chaque année dans le désert de Black Rock au Nevada. Et sa folie créatrice a fait le reste. Il a produit des plans, des fiches techniques, une maquette... sans oublier de demander leur avis à ses compères trop contents de se retrouver, dès neuf heures du matin, pour le café du vendredi chez Eric. Ensuite, ils ont rassemblé les matériaux, les outils et s'y sont mis en plaisantant, en se chambrant, en montant, démontant et remontant lorsqu'ils n'étaient pas satisfaits, des heures durant. Plusieurs centaines d'heures, environ 400 ont été nécessaires. Imagine-t-on bien le cadeau qu'ils ont fait, ces bénévoles qui n'avaient en tête que la joie des autres? Longtemps, ils ont scié au millimètre, cintré, riveté des panneaux d'Isorel récupérés auprès d'un magasin de Fouras par Régis Pasquet , notre écrivain et documentaliste « des glaneurs d'espoir » . Ils ont même poussé le détail jusqu'à installer une hélice entraînée par un moteur récupéré. Régulièrement, ils ont reçu la visite de Marie-Françoise Boufflet, présidente du club photo, qui a réalisé un reportage sur ce projet peu ordinaire. Et puis, le moment est arrivé de donner des couleurs à l'ensemble. Enfin, c'est à Annie Lamand qu'ils ont confié ce travail en même temps qu'ils lui demandaient de confectionner le poulpe géant qui devait accompagner le sous-marin lors de ses sorties. Cette année, les chars étaient beaux et exécutés avec invention mais le «  Nautilus » a surpris par sa qualité de réalisation. Au point qu'il a été conservé soigneusement. Qui aurait eu le cœur de le démonter, sans raison particulière ? Personne, bien sûr. Mais il ne peut être dit qu'il restera, dans son local, encore pendant des années. Un jour viendra où la fameuse équipe lui trouvera un nouvel usage, le récupérera, le recyclera pour éviter de gaspiller des ressources. RP